Hello Goodbye mai 25, 2008
Posted by inyoureyes1 in Non classé.17 comments
A love like ours, could never die, as long as I have you near me… Play. Un petit corridor poussiéreux. Une attente fébrile. Il apparaît, sanglé d’un ami. Frémissement imperceptible. Gêne patente. Contemplation éperdue. L’envoûtement opère au bout d’une heure, chrono en main. Quelques jours plus tard, une image diffuse erre dans l’esprit d’une jeune touriste à l’allure loqueteuse, comme un écran de veille trace des courbes irréelles sur un moniteur, pendant qu’elle crève d’ennui au Palais des Papes d’Avignon. Une espèce d’énorme talkie walkie lui vocifère l’épopée de Clément VI à l’oreille. Se détachant d’une foule blonde et blafarde, avide de photos, elle s’enfonce dans les entrailles du château, à l’affût du moindre souvenir, du moindre geste, de la moindre parole à happer, à incruster dans sa tête indolente. Schopenhauer, disait-il pour décrire son référentiel philosophique. Le blog de l’ignare, disait-il pour résumer Facebook. Flagorneur avec le sexe opposé, disait-il enfin pour se dessaisir des bribes infinitésimales de révélations sur sa vie privée. Une vie qu’elle lui aurait extorqué off the record, s’il n’était pas parti en courant, comme en proie à un ennui ou à une appréhension tenace. Pause. Le cours Mirabeau s’étale devant ses yeux endormis. Tout son être est en hibernation. D’une main apathique, elle triture un iPod, à la recherche de ses chansons les plus torpides, et Dieu sait qu’elle en a à s’en dégoûter pour le restant de ses jours. De son autre main, elle reçoit un milkshake à la framboise. Ce sera son dernier avant le retour. La grève des taxis lui plombe le moral. A l’aéroport, les adieux achèvent de l’anéantir. Histoire n°2, immolée. Une deuxième tirelire de moments périssables jetée en pâture à l’oubli. Dans cinquante ans, les gens liront “Ci-gît S. ou la Constance dans la fugacité” sur une pierre tombale. Play. Des mails cocasses. Où elle affirme vouloir mastiquer comme un Schtroumph. Où il écrit : “Ton image est d’autant plus présente qu’elle continue à être évanescente, à me couler entre les doigts.” Elle l’allonge sur un divan virtuel. Tu veux de l’évanescence, tu l’auras, chéri, pense-t-elle en hochant la tête. A l’époque, elle se disait que le digne monsieur ambitionnait tout au plus d’épingler un énième prénom sur un large tableau de chasse. Et elle s’en ouvrait naïvement à la créature la plus infâme qu’elle ait connu à ce jour. Un matin, elle reçoit ceci : “Voilà ce que je compte lui envoyer. Tu y vois une objection ?” Les objections s’entrechoquent dans sa tête, à mesure qu’elle lit l’amoncellement d’ordures que le misérable s’apprête à acheminer à celui qu’elle idolâtre. Panique à bord. Le vaisseau chavire. Bientôt, sa face crayeuse flottera sur un lit, comme les cadavres du Titanic. Quatre jours de douloureuse expectative. 14 appels en absence, puis le salut. Fast forward. A présent qu’elle s’affaire à emballer ses bricoles, à préparer son visa, à négocier un réduit à la cité U, à se renseigner sur ses cours… Elle se demande si l’histoire sera pour une fois clémente à son endroit, si cette histoire échappera à la malédiction de la fugacité. And now the time has come, and, my love, I must go, and though I lose a friend, in the end you will know…