Torpiller la torpeur juin 12, 2008
Posted by inyoureyes1 in Ricanements.Tags: Amour, Offensive
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Sympathique échange. Où, pour une fois, j’évite de m’envaser dans mon entonnoir fétiche d’adrénaline sentimentale. J’étouffe les onctueuses mélodies d’accompagnement d’un geste fébrile. QuickPlay nasillera plus tard.
“Prostration. Hébétude. Il n’y a pas d’autres mots pour décrire ton actuelle condition. Quand tu ne rêves pas que ton collègue Badr se fait assassiner par ton autre collègue Adam, tu t’alimentes de dissections de rates et d’incitations subliminales à la toxicomanie, à croire que ça t’emballe de voir ton Dr. House chéri s’empiffrer de Vicodine.” Aïe. Je vous fais grâce des didascalies. Contentez-vous de penser à ce que vous éprouveriez si vous deviez négocier un zigzag éclair entre un QuickPlay aux ariettes opiacées et un camouflet verbal des plus magistralement administrés. “En d’autres termes, Grizzlette, quand tu ne dors pas, tu végètes devant la télé.“
Certes. Je m’imagine conduisant le Hummer fushia de Diam’s à vive allure. Tout à coup, je m’ensable dans une entreprise d’auto-réhabilitation aussi vaine que cauchemardesque. Je m’efforce bêtement de prouver que je suis au volant d’une voiture tout ce qu’il y a de plus sobre, de plus écolo, alors que le vernis rose de la tôle et le vrombissement du pot d’échappement jurent sur la tête de leurs lointains parents de Tsahal que je raconte des sornettes.
Autrement dit, je suis volage. Je fais des infidélités à mes amours d’antan. Le constat est aussi gros qu’un bourrelet. Et je ne suis même pas fichue de l’admettre.
“Comprends-moi, Grizzlette, tu ne peux pas juste t’asseoir sur tes acquis à les en aplatir. Ce serait criminel. Je suis sûr que tu aimes écrire. Que ça t’enchanterait d’être éditée. Que tu rêves de CETTE consécration-là. Mais tu es une sacrée flemmarde. Une petite ronfleuse, ronronneuse, froufrouteuse qui rechigne à appuyer sur le champignon.”
Si tu savais… Avant, mon père m’apposait le sobriquet de moissonneuse batteuse lieuse. De celles qui ne se répandent jamais en dorures, en arabesques, en motifs floraux de nappes, en paysages barbouillés de gouache mal mélangée. Tu sais, ces choses que l’on fait faire aux vieilles femmes en marge d’un cours d’alphabétisation. La beauté de l’écrit m’importait beaucoup, mais pas autant que le message planqué derrière. Le Père Goriot ne me fascinait pas parce que ses traits étaient bien décrits, mais parce que son amour trahi, sa douleur et son abnégation étaient magnifiquement racontés. Camus ne campe pas la Peste dans le décor somptueux d’un Palais des Mille et une nuits, bordé de majestueux labyrinthes arborescents. Incisif, il dresse le portrait-robot austère, dépouillé, tragique d’un mal qui a décimé des populations entières. Rien de déclamatoire dans tout ça. Rien de chamarré, de tapageur. Or le tapage qui accompagne mes écrits me surmène.
En parlant de surmenage, où il est le bouton pour réactiver QuickPlay…