Une histoire d’ogres juillet 1, 2008
Posted by inyoureyes1 in Pleurs.Tags: chute, Elévation
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“Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.”
Charles Baudelaire, Elévation.
S’élever, disait aussi Hugo, comme me le fait aimablement remarquer Princesse en réponse à un précédent post. Mon élévation, je l’ai vécue en virant allègrement à droite, à quelques encablures du Technopark, pour m’engouffrer dans une autoroute cafardeuse. Le temps, lourd, oppressant, ne se prête guère aux élans exaltés. Les paysages sont moroses, les affiches, énormes, braillardes. “GoodYear. Etre bien chaussé, c’est le pied !” ; “Jaouda, c’est bon !” ; “Huilor, naturellement riche en Oméga3″. Aux abords de la périphérie, les lotissements s’empêtrent dans une lèpre incurable. Quelques kilomètres plus loin, de vastes champs défrichés, livrés au flamboiement de l’astre solaire. Et puis une maison. Rose granit, noyée dans la majesté des eucalyptus.
Je réprime un léger sourire. “Elle est où la maison, maman ?” , dit un petit ogre à lunettes, deux jours après que ses parents eurent acquis le terrain du Menzeh. ”Il faudra attendre encore quelques mois avant d’habiter ici.”, répond Maman Ogresse, hilare. “Mais vous allez mettre un carrelage avant de construire la maison, hein, maman ? Je n’aime pas ces cailloux. Et cette terre noire, là. Ces fleurs jaunes, aussi, elles sont très laides. Ce terrain doit être lisse et plat, comme la cour de récréation, pour que je puisse m’y promener à vélo sans me casser les genoux !” . Depuis, le petit ogre a grandi, et en arpentant terrasse, véranda, verger et potager, toutes les choses qui lui paraissaient naguère grosses comme des cratères lunaires lui donnent aujourd’hui l’impression de se mouvoir dans une maison de poupée.
La liane ayant dévoré le plafond diaphane de la terrasse, il lui est impossible d’imaginer d’ici, la trajectoire, dans la nuit étoilée, de la fusée SMG1995, qu’il n’a jamais pu construire. Le petit ogre devenu grand s’éloigne donc à pas inquiets, armé d’une torche, en direction d’une allée verdoyante. A dix ans, ce minuscule faisceau de lumière ne lui était d’aucune utilité. “Il faut que tu apprennes à maîtriser ta peur du noir, lui disait Papa Ogre. Il faut non pas avoir peur du noir, mais lui faire peur.” Naturellement, l’ogre à lunettes exhibait ses petites dents de lait, dans une attitude féroce, croyant par là donner d’atroces frayeurs à l’obscur seigneur. L’ogre menu devenu grand tressaille aujourd’hui au moindre frétillement de feuille d’arbre. Au moindre aboiement de chien méchant. Mais à l’angoisse se mêle un amour infini, tel qu’il ne l’a jamais éprouvé, étant jeune et malingre.
Ce recueillement a certainement dû être interprété comme un désintérêt patent, comme une insulte faite à la beauté de la nature. Le petit ogre écarquille les yeux à la vue d’une chenille grimpant mollement le long d’une branche. Il s’extasie de ce que la coccinelle ressemble tant à un papillon, vue d’en haut et à un cafard, vue d’en bas. Pour lui, les boules de feu qui crépitent dans le ciel ne peuvent raisonnablement être à des millions d’années lumières du Menzeh. Le petit ogre piétine le gazon frais en s’aspergeant d’eau à même le tuyau d’arrosage. Il file comme un bolide sur sa bicyclette bleue déglinguée, donnant presque un haut-le-coeur à Léo, le pékinois noir à l’haleine de putois qu’il a décidé d’emmener en virée avec lui, contre son gré. Il organise des chasses au trésor, pensant trouver une montagne de pièces d’or à côté du petit moteur de l’ère sans électricité. Des pièces d’or qu’il aurait quand même mordu pour vérifier si elles étaient réellement précieuses. Le petit ogre pioche, creuse un trou, plante un bulbe, l’arrose et s’assied toute l’après-midi devant la motte de terre, dans l’espoir de voir germer une première pousse. Le petit ogre vit.
Le grand, lui, revit ce lointain passé, dans un état de prostration proche de l’hébétude. Son argile, sa fange, son ventre, son intérêt, son appétit, sa passion, son égoïsme, sa pesanteur, accumulés en un temps record à la suite d’expériences parfois inédites, souvent indignes, il ne peut s’en extirper après un retour aux sources aussi rapide, aussi prompt à détaler. Car après tout, le grand ogre ne vit plus dans ce havre de paix. Il est aujourd’hui tristement, amèrement ancré dans le quotidien. Un quotidien non pas planté dans un vert hameau, mais trempé dans la grisaille ; non pas bercé par le gazouillis des moineaux, mais secoué par le grondement des pots d’échappement ; non pas parsemé de créatures elfiques, chaleureuses, mais infesté de bêtes féroces.
Qu’on ne le blâme donc pas d’être devenu ce qu’il est. Papa Ogre et Maman Ogresse lui ont inculqué les lois de la sélection naturelle. Platement, la loi de la jungle. La vie a fait le reste.
“A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait.”
Charles Baudelaire, l’Albatros.
Époustouflant ce billet ! Tu manie les expressions et les mots comme un mathématicien manierait ses équations. Une prose bien en règles, une narration très élégante au service d’une thèse très juste : On ne doit s’éloigner de la Nature à aucun prix. Un flashback de main de maître, et puis ces citations de Baudelaire qui vont au récit comme un gant….
Je te félicite pour un tel talent, et j’espère
هي دي أنا دائما
أعشق العوم في بحور الحياة،أسبح ممددة على ظهور قنافد تحملني على مضض ،تدحرجني،تتأفف من صبري وعنادي٠
وأنا هي دي أنا دائما،تمردي ترياق لدمي وصبري مصل لمسيرتي؛قواريري كثيرة،كثيرة٠٠٠ قواريري أحملها أينما حللت وارتحلت،قواريري مليئة بالحب والجمال والمنى؛ قواريري، وإن جمدتها الأقداروالأيادي الجبانة ،تبقى شاهدة علي وأنا أداهم الصفعة بالركلة،أقايض الدمعة بالبسمة،أغازل وأتغزل،آمل وأتأمل،أموت ليعيش الأمل
…que tu continueras à nous émerveiller avec tes magnifiques billets.
InYouEyesàl’heureoùblanchitlacampagne…ceci est le lot de tous les péquenots binoclards avec tresses, soquettes, robes blanches ou costumes du dimanche montés à l’assaut de la
vieville…j’ai toujours prétendu que la « ville » tue l’hommeTiens…tu m’as même rappelé ce très beau poème de José Maria de Heredia
Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal.
Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde occidental.
Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L’azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d’un mirage doré;
Ou, penchés à l’avant de blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l’Ocean des étoiles nouvelles.
José Maria de Heredia
Les conquérants
Je m’appelle XXXXXX , ma mère ma mis au monde il y a Seize-ans de cela , les jours passent mais ne se ressemble pas , ma vie se résume a accomplir plusieurs tache qui ne sont pas forcément drôle . j’ai des choix a faire , des devoirs a accomplir , des leçons a apprendre , y a des moments de joie de tristesse qui viennent sans avertir .
-Mais j’aime vivre de laisser entrer de l’air dans mes poumons et laisser ressortir du CO2 , j’aime cette vie , j’aime cette nature la fraîcheur du vent , la chaleur du soleil , l’obscurité de la nuit et la luminosité du jour .
- J’ai peur qu’un jour tout ceci finissent , que mon corps se décompose , rien que d’y penser j’ai la chaire de poule .
la vie est une jungle , plus tu as de l’argent, tu as de la valeur est de l’importance
mais a mon avis la vraie richesse est dans l’esprit
@Spy Jones, merci pour les compliments ! Là c’est moi qui vais rougir de confusion
) Bienvenue, p’tit cousin ! Et châtie-les moi bien, ces bons à rien de fonctionnaires
)
@Princesse, ma piètre compréhension de l’arabe ne me permets pas de réellement appréhender l’essence de ton message. Cela dit, j’aime bien la description imagée dont tu m’honores. J’ai un peu paniqué au début, voyant qu’il était question de fioles et croyant que tu les ferais tinter. Merci donc de n’avoir pas souligné à quel point je pouvais être creuse par moments. Merci d’avoir eu l’élégance de remplir mes fioles d’amour, de beauté et d’espoir. Mes fioles, ou mes biberons, puisqu’il est aujourd’hui question de petits ogres. Si les fioles transpirent parfois le dédain, l’insolence ou la désinvolture, ne m’en tiens pas rigueur.
@Ma-Kb ! Tu m’as ramené quelque chose de l’au-delà ? :°PP Sérieux, ça fait plaisir de te voir traîner de nouveau dans les parages ! Mmmais… Comme tu mérites davantage qu’une boutade en guise de réponse et que je suis horriblement harassée par le travail, je te promets une réponse correcte dans les prochaines heures ! Promis-juré-craché. Bon maintenant au boulot !
Tiens j’avais pas vu ce message. Anonyme, totalement d’accord avec toi. Rien dans les poches, tout dans le citron ! C’est mon éternel slogan. A seize ans, on est possédé par de bien vilains démons. Dans cinq ou six ans, tu aimeras moins respirer de l’air frais, admirer la luminosité du ciel et l’obscurité de la nuit… Par contre, en guise de compensation, tu auras certainement moins peur que ton corps se décompose. C’est là que réside la magie de notre vie ! A mesure qu’on vieillit, les démons se font moins démoniaques, plus polissons !
) Bienvenue !
Invitation au voyage, appel à la résistance avant que quelques macaques nous supplantent pour nous ravir la petite bleu que nous avons carbonisé à outrance. La planète des singes serait plus clémente en absence de l’ogre qui inventa le moteur à explosion, l’ogre qui est allé extraire ce que la nature à enfoui dans les profondeurs de la terre, non pas l’or noir mais la peste noir!
Invitation au voyage, appel à la résistance pour faire l’exode inverse pour fuir la jungle de béton qui astreint l’homme à vivre dans les miasmes morbides pour satisfaire l’ogre qui se nourrit de l’oxyde de carbone et entend perpétuer son ère industrielle pour achever la petite bleue.
Invitation au voyage pour aller se purifier dans l’air supérieur, retrouver le biotope qui nous est destinè pour vivre en bonne entente avec la nature.
Invitation au voyage, appel à la résistance pour abandonner l’arme du crime, l’énergie sale qui troue la couche d’ozone qui nous protège des radiations nocives, liquéfie la banquise, réchauffe et assèche la planète .
L’Homme est semblable au prince des nuées
qui hante la tempête et se rit de l’archer;
exilé sur le sol au milieu des huées,
ses ailes de géant l’empêchent de marcher .
Trop d’la balle ! MG, tu viens de me souffler le titre définitif de cette page. “Petite Bleue” ! C’est à s’en couvrir de bisous, tellement ça flatte le teint ! Merci !
P.S : Mais en même temps… Zut ! J’ai pas fini d’apprendre, apparemment… Quand est-ce que je vais ENFIN te détrôner, t’arracher ce sceptre de la main ?! :°PP Trop pas d’la balle du tout
( Grrr.
P.S 2 : Le commentaire sérieux demain matin au saut du lit ! Celui de Kb aussi.
InYourEyeslablancheurmaculéedelapage…Etant un homme d’expérience que d’aucuns considèrent plutôt comme une expérience,ratée, d’homme (je ferais un jour taire ces mauvaises langues) je ne prend d’engagement que lorsque je ne peux faire autrement et ce, afin de ne pas engendrer de stress inutile dans une vie qu’il l’est déjà assez (inutile ou stressante? choisissez votre option)…
bon, magnanime, miséricordieux et tout et tout comme je me sens ce matin, je vous libère du joug contraignant de sauter du lit pour commenter…vous pourriez gravement vous fouler un synapse, chose que je n’aimerai pas trop voir vous arriver car cela nous priverai, même momentanément, de la joie de continuer à te lire
je vous absous donc de cette lourde tâche du matin…ça y est…tu peux te lever maintenant
En v’là un qui éprouve de la joie en me lisant
Merci d’être aussi magnanime, miséricordieux, gentil, surtout et compréhensif. Cette denrée est en quasi-rupture de stock sur les étals de nos jours, j’ai l’impression. A un prochain post !
que du bonheur
J’ai pas lu de truc aussi fort depuis belle lurette, et j’avoue que je n’arrive toujours pas à comprendre quel est le lien… Tu te diras mais de quel lien il me parle et je te répondrais:” entre le micro et la plume” et quelle plume! Tu m’épates !!
@RDB, je ferme le micro dans exactement un mois, pour au moins deux ans de flânerie universitaire. Merci pour les encouragements ! Mes amitiés aux J’didis et à Madame, tout particulièrement !
Je ne Suis pas J’didi
bon!
c’est bientôt fini ces histoires d’ogres effrayants?
tu ne parles plus de poupée et de jouets?
waaayli en nattes et sucette…
InYourEyeslesplagesdésertesdusilenced’or…l’ogre aurait-il mangé l’enfant?
Ipéca Ipécu ipécoum ! je lance ma formule magique…et l’enfant reviendra nous chanter la vie
kbaguette magique
Si j’ai bien entendu, le petit ogre retourne sur les bancs de l’école pour pantagrualiser son esprit…
C’est bien…c’est très bien même…quoique du coup, on aura plus de nattes à tirer, ni de nez à viser pour tester nos lances trombones…
en voilà une petite dévorée par l’ogre!
Farah, phagocytée par un ogre appelé boulot :S
i can feel this heat in youreyes ! j’approuve tes créations et ton originalité!! té journaliste???
voilà, c’est juste unp etit mot pour vous dire que j’adore l’esprit e votre blog