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Le Blues du Tamagotchi octobre 23, 2008

Posted by inyoureyes1 in Cocasseries.
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Jungle Tamagotchi© est né de l’heureuse union d’un Dragon et d’un Centaure. Pas cette espèce d’assemblage indigne de bustes d’homme et de sabots de cheval. Laissons ces abominations fermenter dans les usines chinoises, avec les montres qui éteignent la télé et les semelles de chaussures qui luisent comme des panneaux de signalisation. En vérité, le géniteur du Tamagotchi© est une constellation, l’une des plus vastes du ciel, selon les astronomes, la plus vaste et la plus sombre, d’après les abrégés de sorcellerie. Scandalisé d’avoir si mauvaise presse auprès des marabouts de tous acabits, Centaure s’en prit vivement à ses étoiles, les accusant de paresse congénitale, de fadeur et de manque d’enthousiasme. A cette époque, une furieuse vague de suppressions d’emplois balayait l’univers. Il profita donc d’un appareillage d’étoiles filantes Low Cost pour congédier, sans le moindre état d’âme – et sans indemnités -, l’ensemble de son personnel. Il lui fallait à présent agrafer un nouvel astre sur son sombre hémisphère. Aussi se hâta-t-il de kidnapper et d’épouser le Dragon, lorsqu’il le vit frémir des narines aussi souvent et aussi rapidement qu’un feu passe au rouge au croisement Roudani/Bir Anzarane/Yacoub El Mansour/Route d’El Jadida. Une poignée d’années lumières plus tard, Jungle Tamagotchi© fut, et Centaure fit une nouvelle fois parler de lui dans les précis de charlatanisme, qui se moquèrent à l’unanimité des ridicules dimensions de sa progéniture.

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Vous l’aurez certainement compris, Jungle Tamagotchi© n’avait hérité ni des magnifiques narines de Mère-Dragon ni de la souveraine grandeur de Père-Centaure. Il compensa alors par une incroyable capacité à attendrir et se fit embaucher à temps plein par le Joué Club du Boulevard Ghandi. Entortillé dans sa petite laine, Jungle Tamagotchi© froufroutait plus gaiement qu’un pinson lorsque le Maître fit une entrée fracassante dans le magasin. Tamagotchi© n’avait jamais vu une créature aussi grande - elle n’avait en effet nul besoin de se jucher sur un tabouret pour agripper les gadgets de la sixième étagère -. Outre sa taille imposante, la créature semblait équipée d’une puce de 80 Giga – En gros, 200 heures d’MP3 des Beatles, téléchargement illimité de répliques d’hommes politiques ayant sévi et/ou sévissant toujours durant la Cinquième République, best of des paniers de Jordan, Lebron et Bryant réunis, avec tableaux comparatifs des performances des uns et des autres, etc. - Le Maître avait fait usage de cette puce pour baratiner la vendeuse mais c’est sur Jungle Tamagotchi© que se porta finalement toute sa tendresse et parfois toute sa fureur.

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Loin de son Ogre-Ville natale et de son Maître-Land d’adoption, Jungle Tamagotchi© promène aujourd’hui ses yeux aqueux et sa petite laine dans l’abrupte contrée du Pôle Nord. Crise financière oblige, les Joué Club de la région Maghreb Afrique Moyen-Orient ont dû se séparer de la moitié de leurs employés et envoyer l’autre moitié officier dans des filiales étrangères. Le Maître avait pourtant bataillé pour que son petit protégé aille travailler en Côte d’Azur mais le besoin en Tamagotchis© se faisait, semble-t-il, davantage sentir chez les Ch’tis et les populations avoisinantes. “You don’t own me… I’m not just one of your many toys… You don’t own me… Don’t say I can’t go with other boys…”  Jungle Tamagotchi© ponctue cet air de petits toussotements. Dans la rue, la Fnac le regarde de travers. Les Halles le dévisagent froidement. Camaïeu éclate d’un rire monstrueux en le voyant grelotter sous sa petite laine. Seules enseignes au sourire suave et ensoleillé, Ryanair, EasyJet et Jet4you, qui lui rappellent des pâtes au Kiri, un amusant stétoscope à ressorts et une guitare qui pleure doucement la mort de George Harrison.

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(Dans les épisodes précédents et dans cet ordre : Suicide d’un jouet, suicide d’un jouet (2), le Tamagotchi : au commencement.)