Bulletin Avalanche octobre 15, 2008
Posted by inyoureyes1 in Cocasseries.Tags: Charlatanisme, on s'les gèle ici
11 comments
Un mois et des brouettes. Une grippe carabinée. Des gisements de patience. Les Trois Actes Fondateurs – Copyright Grizzli© - qui doivent régir toutes vos tentatives d’adaptation aux périodes prémenstruelles de Dame Nature. Au Maroc, ça peut encore aller, heureusement. Au Maroc, le sexisme, à peine ébréché par quelques ONG, se rafistole, se restaure, très rapidement, tout le monde y mettant allègrement du sien, Dieu soit loué. N’y a-t-il pas une âme de conservateur du patrimoine qui sommeille en chacun de nous ? Dame Nature étant une dame, il est normal, il est convenu, il est même très raisonnable qu’elle continue de faire profil bas, si elle ne tient pas à se faire ratatiner le minois par quelque bipède en caleçon enragé. Mais en France… En France, voyez-vous, tout ce qui porte des bas nylons et qui les porte bien a droit à un quota journalier de vélléités rebelles. En France, Dame Nature porte d’adorables bas 100% coton tressés de petites pelouses tondues et émaillés d’étincelantes rivières. C’est une femme fière, insolente, consciente de sa beauté. Caractérielle, de ce fait. Mais surtout, imprévisible.
C’est donc armée de mes Trois Actes Fondateurs que j’entreprends, non pas de la dompter, cette folle furieuse, Dieu me garde de son immense courroux, mais de me transformer en une espèce de casse-tête chinois de 60 kilos. Vous savez, ce machin dont on se tue à harmoniser les couleurs en le pétrissant de tous les côtés. Si vous voulez être épargnés, soyez ça ou cessez d’être. Le matin, enfilez un gros pull et une grosse veste. Cachez-vous le nez sous une grosse écharpe et abritez vos cheveux sous un gros bonnet si vous n’avez toujours pas exploré les rayons de Darty pour agripper nerveusement un sèche-cheveux. Durant la pause de dix heures, enlevez le bonnet et l’écharpe avec beaucoup de précaution. Mais pas la veste ! N’hésitez pas à remettre votre tenue de camouflage dès que Dame Nature redonnera des signes de souffrance. Bien entendu, si, après avoir couru le long des frontières de l’Hexagone, la bougresse se met à ruisseler de chaleur, enlevez le bonnet et l’écharpe – quitte à les remettre plus tard - pour éviter les migraines et les belles amorces d’angine. Je ne tiens pour le moment que les Actes Fondateurs de ma doctrine. Quand j’aurai calculé avec exactitude le temps idéal d’exposition au froid et à la chaleur, quand je saurai, chronomètre en main, à quel moment précis de la journée vous pourrez vous hasarder à enlever l’un ou l’autre de vos vêtements, ou deux ou trois en même temps, pourquoi pas, soyons fous, ayez l’assurance que d’énormes engueulades avec cette matronne vous n’aurez plus, que vous pourrez même alors vous permettre de la narguer de temps en temps, sans qu’elle n’ose vous érafler les tympans ou les amygdales. Mais attention ! Ceci n’est qu’une mesure temporaire. Nous aviserons lorsque Dame Nature décidera de sombrer définitivement dans la plus noire dépression. Rendez-vous en novembre.