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Où le soldat Le3zaoui fait ses adieux au camarade S.G avant de s’en aller en guerre mai 13, 2008

Posted by inyoureyes1 in Cocasseries, Rires.
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“Sans blague !”  J’acquiesce. Mes yeux pétillent, je prends mon sourire le plus malicieux et raconte ma mésaventure avec la verve d’un histrion de Djemaâ El Fna. Le café prend une allure de Cour des Miracles. Là bas, une guirlande de filles pérorent à l’infini, ici, un attroupement de garçons regardent goulûment les jeunes pipelettes. Je me fais moi-même pipelette pour bien décrire le scénario à mon ami. Sofiane répond habituellement au doux sobriquet de Le3zaoui. C’est le spécialiste des narrations de vols tortueux à destination de Beyrouth. Le reluqueur professionnel d’uniformes d’hôtesses de l’air fringuantes. Le rouleur d’yeux attendris, un tantinet agacés devant le spectacle d’horreur que peut représenter un couple de vieux s’embrassant. Le genre d’homme qu’une éraflure sur sa tôle peinerait peut-être davantage que de perdre l’amour de sa vie… Un florilège de choses pour lesquelles je ne l’échangerais, en somme, contre aucun autre intermittent du célibat – En cela, on est à peu près pareils – Pour revenir à mon histoire, Sofiane me prend de court et me dit avec beaucoup de détachement – Il lit Sport Hebdo en louchant sur mon écran d’ordinateur - : “C’est vrai que c’est très… Comment dire… Recherché. Mais j’aurais fait mille fois mieux ! Qu’est-ce qui te paraît illogique sur cette page ?“ Je balaie un tableau de scores d’un regard circonspect. “G, G, G, G ?!”  me hasardai-je à dire. “Nope ! Ca c’est l’équipe qui a aligné quatre victoires consécutives. Alors regarde. Chelsea. En dessous, le logo du PSG. Manchester. En dessous, le logo de l’OM. Donc, si j’ai bien compris, le mec a pris le tableau de l’équipe.fr, a remplacé les scores et a gardé l’ornement exactement à l’état où il se trouvait sur la page initiale. Ah ! Les journalistes. Vous êtes impossibles.” Je le foudroie du regard. “Tu ne vas tout de même pas comparer ce qui se distribue gratuitement dans le train navette et les cafés avec ce que JE fais !”  Sofiane, plus flegmatique que jamais : “Avec ce que vous faisiez, madame, quand je vous envoyais des Newsletters quotidiennes avec les résultats de la ligue des Champions et ceux de la Formule 1 !” Je ramasse mon matériel en fulminant : “Certes. Bon c’est bien beau tout ça, mais moi j’ai faim.”  Direction le Kyotori. Ou quand les blagues salaces fusent à propos de la frappante similitude du Kyotori avec un organe féminin très localisé que vous devez aisément reconnaître, à moins de disposer d’un neurone et demi qui se dorent la pilule sous 40° de fièvre jaune. Les sashimis volent d’une assiette à l’autre, les pizzas-sushis aussi, ça baragouine des mots incompréhensibles entre deux bouchées et ça se bat pour les restes de gingembre dans un petit bocal rosâtre. A côté, House M.D remasterisé. La gonzesse raconte à son père comment ces connards de toubibs ont laissé une compresse dans le crâne de son ami. J’avale un california roll en même temps que s’égrènent ces jolies évocations d’incompétence médicale. Le temps que Sofiane enfourne un maki que le père se met à disserter sur le problème d’indigestion qui s’est vite métamorphosé en ulcère du colon sous les mains expertes d’un chirurgien. “Appétissant !”  Sofiane, Dalaï Lamesque : “Ca me les démolit de devoir entendre ça alors que je mastique ces choses. J’ai la désagréable impression d’avaler des boyaux humains. On y va ?“ On y va. A pieds, m’ssieurs dames. Bassir sort de l’Amistad, accompagné d’une agglomération de femmes empaquetées dans du linge à la propreté douteuse. Une voiture s’arrête à un coin de rue et se met à faire des avances à Le3zaoui. Quatre filles. Les légendaires coloc’, les filles, là, blogueuses à la retraite, qui tiennent un journal intime tout ce qu’il y a de plus délirant. Les numéros me sont déroulés par l’aimable Sofiane après une petite discussion tout en malice avec ces demoiselles. Le boulot des prochaines semaines m’est donc servi sur une belle route goudronnée, désertique, à deux pas de la gendarmerie, à deux pas de chez moi aussi. “Bon, j’aurais peut-être fait s’accumuler trois ou quatre autres événements tordus de la sorte, pour provoquer un effet papillon, une espèce de serendipité et je t’aurais probablement cousu la pire cocasserie du siècle.” J’ouvre la porte de l’immeuble, sous l’oeil vitreux de Sofiane. “Gare à mon courroux ! Fais-moi savoir quand tu te fais exploser à Beyrouth Ouest, que j’organise un tapage médiatique en règle. A bientôt !”  ; “T’es sûre que tu veux pas m’escorter jusqu’au quartier où j’habite ? Je crains les coupe-gorge.”  Je souris. Et ça prétend vouloir s’aventurer au milieu des blindés du Hezbollah ! On aura tout entendu.