Bêta octobre 27, 2008
Posted by inyoureyes1 in Pleurs, Ricanements.Tags: Illusions, Insignifiance, Vacuité
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Néant, fœtus, enfant. Adolescente, femme puis Smiley. D’abord le Néant. Pas même une naine, pas même un ver. Pas même un bacille. Une idée, germant confusément dans l’esprit d’un être. Une bricole se formant dans ses entrailles. Un brouillon ondoyant dans ses eaux placides. Une coquille péniblement expulsée. Un extrait de boyaux qui s’ébauche à l’air libre.
Longuement balloté dans des bras caressants, le croquis atterrit sur la moquette, rampe puis s’emmêle les pattes dans un monticule d’ours en peluche. Quand il ne tète pas, le schème bégaie, caquète ou hulule. Les gémissements s’accentuent au fil des jours, signe que l’esquisse n’en finit pas de se concevoir, de prendre forme, mollement, laidement. A l’adolescence, elle végète dans un placard, mûrit, devient une œuvre, explose au grand jour, comme un scandale. Un scandale de beauté, de grâce, de jubilation, de plénitude.
***
Et puis l’œuvre est traduite. Abrégée, condensée, simplifiée. Vulgarisée. Des états d’âme qu’elle recelait, des sentiments dont elle était animée, ardemment, fougueusement, ne demeure qu’un débris d’émotions. D’Emoticônes. Une face jaune, balafrée, remplace un sourire ensoleillé. Une face jaune, pleurarde, se substitue à la beauté tragique d’un visage en larmes. Une face rouge, exhalant des ronds de vapeur, éclipse l’impétuosité d’un cri, l’élan d’une âme révulsée. Une face jaune nimbée de cœurs frétillants résume un ouragan, un raz-de-marée amoureux. Une face jaune succède à un être. Du néant à l’être, de l’être au Smiley, du Smiley au néant.